E-TRAVAUX.COM
Visualisez gratuitement les demandes de devis de votre région
www.e-travaux.com

PROFINASSUR
La Décennale Souscrivez ici votre assurance décennale aux meilleures conditions du marché
la-decennale.fr

ECOLE CHEZ SOI / BTP
150 formations à distance spécialisées dans le BTP www.ecolechezsoi.com


LA-DOMMAGE-OUVRAGE.FR
Devis sous 48 Heures par simple fiche de Prétarification
www.la-dommage-ouvrage.fr

SOFICA CREDITS
Des mensualités réduites jusqu’à - 60%, afin de financer vos travaux et réaliser vos projets!
sofica-credits.fr

Liens sponsorisés

CyberBTP.com

Le magazine d'information des professionnels du bâtiment

Inscrivez-vous à notre newsletter
 

Valorisation des déchets : la Chine conquérante

Des briques en vase de mer ? Ce concept étonnant risque de devenir réalité très rapidement. Sauf que ce sont les Chinois qui travaillent à son développement et qu'ils n'ont pas pour habitude de s'encombrer d'états d'âme à la conquête de nouveaux marchés. C'est pourtant une entreprise franco-chinoise, Paneurochina, qui concourt à sa mise au point. Explications.

publié le 12/10/2005

En ce mois d'octobre 2005, la Chine s'apprête à envoyer deux hommes dans l'espace, ayant depuis deux ans, lors de son premier vol habité, rejoint le club très fermé des pays maîtrisant la technologie du vol interstellaire (avec les USA et la Russie). Dans le domaine de la construction, le pays est passé en moins de 20 ans – l'ouverture du pays date de 1987 – du Moyen-âge à l'édification des plus hautes tours du monde. Ces deux exemples permettent un raccourci saisissant de ce dont la Chine, éveillée, est capable.

La Chine est de plus en plus présente sur les salons français. Elle fut d'abord cliente, puis partenaire. Elle est aujourd'hui producteur et distributeur. Aussi, quand ce pays déclare, en octobre de cette année, avoir lancé un programme de recherche d'un nouveau matériau de construction, avec de gros potentiels en termes de développement durable qui plus est, la moindre des choses donc est d'y prêter attention, surtout quand c'est une société franco-chinoise, Paneurochina (Zhong Ou Lu), dédiée à des montages industriels dans le domaine des marchés de l’environnement et des énergies renouvelables, qui s'en occupe.

Au début de l'histoire, il y a François de la Chevalerie (46 ans aujourd'hui) qui, après une carrière dans un organisme international (Agence de la Francophonie) dédié, déjà, aux montages de collaboration industrielle, se retrouve un peu par hasard embarqué en 2002 dans le programme présidentiel de Jacques Chirac "150 architectes chinois en France". Ingénieur de formation, il est finalement impliqué, au fil de relations d'amitiés professionnelles, dans le projet de revitalisation du centre de Tianjin, en Chine. Dans ce cadre, il crée une première société, China Messengers, spécialisée dans le marketing et les opérations de gestion commerciale. Or le port de Tianjin, dans l'optique de cet aménagement urbain, doit développer une surface de 20km². L'un des axes retenus consiste à développer l'usage de la vase de mer en tant que matériau de construction.

"Le coût des matières premières aiguise l’intérêt des chinois pour l’exploitation de nouvelles sources d’énergie. Dans le domaine de la construction, la situation est tendue avec un taux de croissance de 12 % en rythme annuel qui n’est pas prêt de s’essouffler. C’est dans ce contexte que la vase de mer fait l’objet d’une attention particulière", explique François de la Chevalerie. Des coûts de matière première qui connaissent en France, en partie à cause de la croissance chinoise d'ailleurs, des hausses parfois exorbitantes. Disponible dans les terrains sablonneux des avants ports, la vase de mer pourrait apporter une réponse, assure l'ingénieur français.

"La valorisation de la vase de mer devrait permettre à moyen terme la fabrication de matériaux de construction (remblayage des routes, sous-couches, bordure de trottoirs, allées piétonnes, brique, etc.). Déjà exploitée dans les provinces de Jilin, de Shandong et à Tianjin pour le remblayage des routes, les expériences menées en Chine s’apparentent à des démarches artisanales", dit-il. En effet, après avoir extrait la vase du bassin portuaire, la vase est généralement stabilisée ou solidifiée à l’aide de ciments, de chaux et autres additifs. Cependant l’analyse des sédiments demeure rudimentaire. D’une ville à l’autre, les contraintes environnementales sont appréciées diversement. Sauf que, comme expliqué en introduction, l'aspect 'artisanal' des choses en Chine évolue à toute vitesse. Et le "vrai objectif", pour citer François de la Chevalerie, est "la brique de construction".

Certes, nous ne verrons pas demain débarquer dans les ports de l'Hexagone, des tonnes de briques au tiers du coût de production en France. Ne serait-ce que parce que nombre de contraintes doivent encore être résolues. Par exemple, bien qu’il existe en Chine une Loi de l’eau, le flou demeure sur le niveau de pollution chimique ou bactériologique toléré. "Si le risque de toxicité peut-être envisagé pour la réalisation de sous couche routière, une extrême prudence concerne la réalisation de produits nobles, telles les briques", explique François de la Chevalerie. Le risque sanitaire d’un produit conglomérant des matières nocives est donc redouté.

Il n'en reste pas moins que les ports européens verront en 2012 une directive européenne interdisant le largage en pleine mer de la vase de mer issue du draguage des ports. Si les industriels du continent, estimant que la valorisation de ces 'déchets' ne seraient pas rentable attendent donc l'échéance, les Chinois pour leur part, face à la demande exponentielle dans la construction, mettent les bouchées doubles. François de la Chevalerie note ainsi, d'une part, la présence de doctorants chinois dans des unités de recherche du génie côtier, notamment, en France et aux Pays-Bas, les deux pays qui ont engagé un programme de recherche en ce domaine. Et, d'autre part, que le projet d'aménagement du port de Tianjin, où une vaste zone est promise à l’exploitation de la vase de mer, doit démarrer début 2006.

En clair, si les universités et industriels européens ne se donnent pas les moyens de poursuivre la recherche, les Chinois, qui savent associer eux avec un étonnant pragmatisme recherche et process industriel, iront décrocher la lune quand on s'étonnera encore du marasme de notre économie. Le bâtiment français aime clamer, souvent à juste titre, son savoir-faire en la matière. Le secteur est par ailleurs l'un des plus novateurs de l'économie française. Mais souvenons-nous que l'agence spatiale européenne avait près de 40 ans d'avance sur celle de la Chine et, qu'aujourd'hui, c'est dans l'Empire du milieu et non à Paris qu'il faut chercher l'innovation architecturale, et en corollaire les systèmes constructifs afférents.

"Selon une étude du Ministère de l’Industrie chinois, l’utilisation de sous-produits issus de la vase de mer pourrait générer des économies à hauteur de 50%, notamment, dans le domaine, du remblayage des routes. Ce marché pourrait représenter jusqu’à 5 Milliards de dollars en 2010. Ces estimations pourraient être revues à la hausse si, comme c’est le cas aujourd’hui, le prix des matières premières ne cesse de se renchérir. D’après des études préliminaires menées dans les villes de Beijing, Chengdu, Dalian, Tianjin et Shenyang, les Chinois se déclarent prêts à acquérir des briques issues de la vase de mer pour la construction de leurs maisons. L’arrivée d’un nouveau produit compétitif devrait donc être bien accueillie", conclut François de la Chevalerie, qui sait, lui le premier, qu'une fois le produit au point, les Chinois ne se contenteront pas de leur propre marché.

Christophe Leray

Pour être averti automatiquement des mises à jour,
inscrivez votre e-mail ci-dessous :