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Selon les professionnels de la filière bois la forêt française est en danger !Les professionnels de la filière bois tirent le signal d’alarme : la politique forestière actuellement en vigueur en France, favorable à la régénération naturelle, est d’ores et déjà insuffisante pour assurer, en volume et qualité, la ressource bois nécessaire aux besoins de l’industrie française. Une gestion de la forêt française en contradiction avec les objectifs du Grenelle ?publié le 24/06/2010Cette situation va s’amplifier dans les années à venir alors que, dans la foulée du Grenelle de l’environnement, les pouvoirs publics ont prévu d’accroître l’utilisation du bois à l’horizon 2020, notamment pour la construction et l’énergie. Si l’Etat a bien perçu la sous-exploitation de la richesse bois en France, ce développement ne pourra se réaliser sans la mise en oeuvre d’une véritable politique de gestion de la forêt. Or, malgré sa troisième place européenne en surface, la forêt française fait preuve actuellement d’une productivité médiocre et bénéficie d’investissements qui sont parmi les plus faibles du continent. Ce désinvestissement dans son mode de gestion ne peut que contribuer à affaiblir encore un peu plus sa productivité et accentuer le déficit commercial de la filière bois.
publicité L’avenir de la forêt française est en jeu. D’où l’importance de réinvestir cet espace à travers un véritable projet au sein duquel l’investissement productif aura toute sa place et de permettre ainsi à la filière bois française d’avoir les moyens de ses ambitions. Incohérence avec le Grenelle de l’environnement Le Grenelle de l’environnement a mis en valeur l’intérêt du bois comme éco-matériau et la nécessité d’augmenter l’exploitation des ressources forestières françaises. Ainsi, les pouvoirs publics prévoient une augmentation de la récolte en bois de 12 millions de m3 en 2012, soit une hausse de 30% par rapport au niveau actuel et de 20 millions de m3 en 2020. Cette évolution doit jouer notamment en faveur du bois énergie mais aussi du bois d’oeuvre. L’utilisation du bois dans la construction doit ainsi être multipliée par dix : ossature, charpente, menuiseries intérieures ou extérieures, revêtements de façade, de sol ou de mur... En France, ce secteur constitue déjà le principal débouché actuel et potentiel du bois et des produits à base de bois (plus de 60%), taux qui s’élève à près de 80% pour les résineux dont les caractéristiques (plus légers et meilleure résistance longitudinale) conviennent mieux que le feuillu à la construction. Selon une étude réalisée dans le cadre de la neuvième édition du salon Maison Bois d’Angers, 15% du marché de la construction en 2015 serait détenu par la maison en bois, soit 30.000 maisons. Ce n’est qu’un début. Néanmoins, les ressources forestières françaises sont d’ores et déjà inadaptées. 90% des bois utilisés pour la maison à ossature bois proviennent d’Europe du nord. "Aujourd’hui, on importe pour 3 millions de m3 de sciage de résineux. L’industrie française manque déjà vraisemblablement de 4 à 5 millions de m3 de résineux. On ne les trouvera qu’en faisant des plantations" précise Laurent Denormandie, président de la Fédération Nationale du Bois. Par ailleurs, il s’agira de faire face à la reprise de l’activité de certains secteurs de l’industrie du bois, actuellement en pleine crise (papeterie, emballage...). Hisser la forêt d’exploitation au rang de cause nationale Les investissements liés aux grands projets nationaux du passé ont contribué à donner à la France sa longue tradition d’exploitation forestière. Ainsi, dans l’Allier, la forêt de Tronçais est considérée comme la plus belle chênaie d’Europe. En 1670, c’est Colbert qui avait décidé du réaménagement de cette forêt, alors en piteux état. Des plantations et semis y ont été effectués en vue de la production de bois de marine sur un cycle de 200 ans. Cette forêt, aujourd’hui gérée par l’ONF, est toujours exploitée. Elle fournit par exemple le bois pour la fabrication des tonneaux destinés à la conservation d’une partie des cognacs et des vins de Bordeaux. Les chênes de grande qualité sont, eux, travaillés en ébénisterie, les plus médiocres en bois de chauffage. Plus récemment, avant sa suppression en 2000, le Fonds Forestier National (FFN) a généré pendant un demi-siècle la plantation de plus de 2 millions d’hectares, essentiellement en résineux. L’arrivée à maturité des résineux actuellement exploités lui est due. Pourquoi, aujourd’hui, refuser de tirer profit de ces enseignements en ne renouant pas avec des projets d’une même ambition? A l’heure où la production de bois est appelée à s’accroître en France, la mise en place d’une vraie stratégie de gestion forestière, responsable, faisant notamment appel à la plantation, s’impose. Il s’agit de valoriser et de pérenniser cette ressource essentielle, en tenant compte à la fois des besoins du secteur industriel pour les prochaines décennies et du droit des générations futures à profiter, à leur tour, de ce patrimoine. S’engageant à soutenir le développement de la filière bois, notamment dans la construction et l’énergie, l’Etat français a annoncé en mai 2009 la création d’un fonds d’investissement dédié de 100 millions d’euros. C’est l’une des propositions du rapport Puech 'Mise en valeur de la forêt française et développement de la filière bois', remis au Président de la République en mars 2009. Néanmoins, ce plan d’aide à la réorganisation de la filière concerne essentiellement la première et la deuxième transformation de la scierie lourde. Il ne prend pas en considération l’investissement forestier, pourtant à la source de l’ensemble de la filière. Pour inciter les propriétaires forestiers à investir dans leur patrimoine, plusieurs mesures sont proposées :
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