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Les vanniers de Villaines-les-Rochers (37) font de beaux efforts pour survivreDepuis la fermeture de la vannerie Bussieroise en avril 2009, la Coopérative de vannerie de Villaines-les-Rochers (37) représente la dernière association d’artisans de l’osier de l’Hexagone. Regroupant plus d’un tiers des vanniers français, elle s’associe parfois avec designers et architectes pour diversifier son activité.publié le 16/09/2009"La tendance du marché est très difficile pour nous", souligne Daniel Martin, directeur de la Coopérative de vannerie de Villaines-les-Rochers, qui fabrique des objets en osier depuis 1849. Effectivement : "de 40.000 vanniers en France il y a un siècle, il n'en reste, aujourd’hui, plus que 150", poursuit-il. Le directeur de la dernière Coopérative française de vanniers attribue la crise tenace qui touche sa profession essentiellement à la concurrence en provenance d’Asie et des pays d’Europe de l’est. Afin de préserver une profession en voie de disparition, la Coopérative de Villaines-les-Rochers a décidé de diversifier ses activités en s’associant avec des designers et des architectes, lesquels confèrent à un matériau traditionnel, l’osier, des formes inattendues. Des collaborations artistiques pour des créations atypiques "Nos collaborations avec des designers se construisent au fur et à mesure du temps", souligne Daniel Martin. Suite à quelques partenariats extraordinaires - tels celui unissant la Coopérative à ZendCo en 2003 pour la création de plafonniers en osiers destinés au zoo de Niort ou la collaboration avec Jean-Paul Gauthier à l’occasion de l’exposition 'Pain couture' organisée par la Fondation Cartier, à Paris, en 2004 - les relations avec de tels concepteurs se sont intensifiées les trois dernières années, notamment à l’occasion de collaborations avec l’architecte Jean-François Abelanet. Les fruits de ces échanges, arches en osier et vases géants, ont agrémenté les allées du cours Saint-Emilion de Bercy Village, au coeur du 13ème arrondissement de Paris, en 2006 et depuis 2008. A nouvelles collaborations, véritables expérimentations. Ainsi du travail mené avec le designer Godefroy de Virieu, aboutissant à la 'Matrice végétale', réceptacle en osier tressé qui, une fois alimenté en terreau, bourgeonne chaque année. A propos de tels prototypes, qui ne sont pas commercialisables en l’état, Daniel Martin précise qu’ils "ne rapportent pas directement". En fait, ces créations ont surtout un rôle de prescription : relayées par la presse ou présentées dans un cadre événementiel (l’osier 'vivant' de Godefroy de Virieu est exposé lors de la manifestation 'Jardin, Jardin' aux Tuileries en 2008), "ces produits nous offrent une visibilité dans le milieu des designers et des architectes d’intérieur", commente le directeur de la Coopérative artisanale. La Coopérative de vanniers de Villaines-les-Rochers est aussi régulièrement contactée par des étudiants préparant leur diplôme de fin d’études. De ces collaborations émergent des projets non moins atypiques que les créations issues du travail mené avec des professionnels, comme ce lit mezzanine entièrement composé d’osier tressé imaginé par Sylvain Rieupiquet en 2007. Une diversification souffrant d’un manque de main d’oeuvre et de communication Tous ces projets hors du commun sont, de fait, "chers à réaliser". "Ils représentent pour nous beaucoup de main d’oeuvre", précise Daniel Martin. Ainsi, le lit mezzanine a nécessité le savoir-faire de trois artisans pendant presque un mois, une main d’oeuvre que la Coopérative n’est pas en mesure de mobiliser régulièrement. Peu nombreux, les vanniers français n’ont pas non plus de temps à consacrer au développement de partenariats avec des créateurs, lesquels leur ouvrent pourtant de nouveaux marchés. Daniel Martin précise ainsi que, tout en étant "très ouverts à la demande", ce sont "plutôt les artistes qui nous sollicitent et non l’inverse". Par ailleurs, si la Coopérative est, de temps à autre, présente lors de manifestations (outre des événements tel 'Jardin, Jardin', les produits de la Coopérative étaient notamment exposés dans le cadre du salon 'Maison et Objet' en 2008), elle l’est essentiellement à l’initiative de ses partenaires. En tout cas, les vanniers de Villaines-les-Rochers ne sont pas en capacité de transformer ces opportunités en véritable stratégie de communication. Daniel Martin précise ainsi que, depuis, 2008, "nous n'avons pas refait de salons". Une activité centrée sur les marchés traditionnel et professionnel Ainsi, les créations élaborées avec des designers et des architectes "apportent certes des commandes supplémentaires", mais ces commandes restent trop ponctuelles pour représenter un véritable créneau économique. Les marchés 'traditionnel' et 'professionnel', dont les produits emblématiques sont les paniers et les corbeilles en osier, représentent donc l’essentiel du chiffre d’affaires de la Coopérative de Villaines-les-Rochers. La vannerie traditionnelle intéresse essentiellement des clients 'haut-de-gamme' : outre des commandes émises par des clients tel Hermès, ce type de produits est surtout sollicité, selon Daniel Martin, par "le marché de l’hôtellerie-restauration, qui représente 10% de notre activité". Parallèlement au marché du tourisme, "80% de notre activité est consacré à la vannerie professionnelle", poursuit le directeur de la Coopérative, soit notamment à la boulangerie (35%) : la Coopérative compte, parmi ses clients, Poilâne et les Boulangeries Kayser. Aussi, la grande distribution représente 33% de l’activité des vanniers de Villaines-les-Rochers. "Nous touchons également beaucoup les paysagistes, architectes d’extérieur, en réalisant des haies d’osier vivant, des retenues de berge en osier blanc traité autoclave, des aménagements de rond points, avec des paniers géants type corne d’abondance", précise-t-il. Produits de luxe, les objets en osier ne sont, de fait, "pas essentiels", ainsi que l’observe Daniel Martin, signifiant par là qu’en temps de crise, les budgets réservés à ces produits sont les premiers à être supprimés. Reste à espérer que les principaux clients de la Coopérative, labellisée 'Entreprise du Patrimoine Vivant' en 2007, continueront à s’offrir ce luxe de façon à ce qu'elle s’offre, à son tour, le sien : inventer avec des artistes. Emmanuelle Borne Consulter également notre album-photo 'Quand osier rime avec design'. |
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